dominique moReau

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peintre plasticienne à Montreuil
Seine-Saint-Denis - FRANCE

Depuis quelques temps, mes toiles regorgent de « légumes-fantômes », de racines en tous genres symbolisant la fertilité des terres engendrée par des centaines d’années d’agriculture.

J’exorcise cette mémoire par des formes donnant à penser à des légumes, légumes-racines, graines, troncs, branches, tubercules, triomphants de vie ou bien recouverts peu à peu par des strates de couches-peinture-mémoire..., souvenirs effacés...

Mémoire des terres cultivées, terres maraîchères, terres horticoles, paysages agricoles remplis des traces laissées par le travail, le labeur des hommes...

Mémoire des hommes, aussi avec la Terra Preta, terre fabriquée ou enrichie par les indiens en mélangeant du charbon de bois aux sols pauvres de la forêt tropicale...

La terre qui renferme aussi des immondices, culture OGM, pesticides, déchets industriels accumulés, cadeaux empoisonnés offerts aux générations futures. Mais des agro-écologues savent qu’en plantant  dans les terrains souillés certaines espèces de plantes, elles décontaminent les sols,  surtout par leurs racines, petit espoir...

En ce moment se sont les terres labourées, les mottes de terre qui ont ma faveur.

Un agriculteur japonais, monsieur  Fukuoka, a remis en question le labourage. Depuis plus de vingt ans, il ne labourait plus ses champs et la qualité du sol s’améliorait à chaque saison. Alors qu’il est coutumier de labourer les terres après les récoltes.

C’est en lisant des textes de chercheurs, d’agro-écologues et de cultivateurs que ce thème de travail s’est imposé à moi.

Il faut dire que le terrain était préparé. Je vis avec un enfant de la terre, de cultivateur. Il crée au fil des saisons  son potager au fond du jardin et nous vivons dans les « murs à pêches » de Montreuil, parcelles horticoles entourées de hauts murs gardant la chaleur de la journée et la restituant la nuit, toute une histoire...